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26 mars 2026 par Noémie Tremblay
CRÉDIT PHOTO : Canva
Description de la photo : Présence de moisissures dans un bâtiment
Bien qu’elles puissent parfois être confondues, la mérule pleureuse et les moisissures sont pourtant bien différentes. Cet article propose une comparaison de leurs principales caractéristiques afin de vous aider à éviter toute confusion.
La mérule pleureuse est un champignon lignivore macroscopique. Elle n’est pas considérée comme une moisissure au sens technique, mais plutôt comme un champignon observable à l’œil nu qui se nourrit du bois et le décompose.
Les moisissures, quant à elles, sont des champignons microscopiques naturellement présents dans l’environnement. Chaque moisissure est invisible à l’œil nu, mais lorsqu’elles se multiplient et forment des colonies, elles peuvent devenir visibles à l’intérieur comme à l’extérieur des bâtiments.
La mérule change d’aspect au fur et à mesure de son développement. Au début, son mycélium peut ressembler à un voile blanc ou gris cotonneux, ce qui conduit parfois à la confondre avec de la moisissure. Avec le temps, le champignon se densifie et prend une teinte jaune ocre avant de former son sporophore caractéristique, en forme de crêpe de couleur brunâtre à la bordure blanchâtre.
Les moisissures se manifestent souvent par des taches colorées (noir, vert, blanc, brun) visibles sur les surfaces sous forme de colonies. Elles peuvent également dégager une odeur caractéristique de moisi ou de terre. Contrairement à la mérule, leur apparence reste généralement la même au cours de leur croissance.
La mérule pleureuse se développe sur du bois gorgé d’eau, dans un milieu chaud, sombre et mal ventilé. Le développement de cordons mycéliens confère au champignon la capacité de transporter l’eau et les nutriments nécessaires à sa croissance, lui permettant ainsi de se propager sur plusieurs mètres.
Comme la mérule pleureuse, les moisissures ont besoin d’un milieu où le taux d’humidité est élevé et constant pour se développer. Pour croître, elles ont besoin d’eau et de matière nutritive, comme le gypse ou le carton. Contrairement à la mérule, les moisissures peuvent coloniser une grande variété de matériaux organiques, mais n’ont pas la capacité de se propager dans des milieux qui ne présentent pas les conditions favorables à leur croissance.
La mérule pleureuse provoque une pourriture cubique du bois en dégradant la cellulose qu’il contient. La perte de cohésion qui en résulte rend le bois très friable et léger. Le bois attaqué perd sa densité et peut facilement s’effriter au toucher. La mérule entraîne ainsi un affaiblissement structurel majeur des bâtiments, compromettant la stabilité et la sécurité des habitations.
Les moisissures causent quant à elles des dommages plus superficiels, demeurant généralement en surface des matériaux. Elles se manifestent souvent par des taches de diverses couleurs, notamment sur les murs, les plafonds ou autour des fenêtres. La présence de cernes, de gondolements, d’écaillements ou d’autres signes d’infiltration d’eau sur les murs ou les plafonds peut toutefois indiquer un problème d’humidité dissimulé derrière les matériaux. Les moisissures ne causent cependant pas de dommages structurels importants.
Selon l’Institut national de santé publique du Québec, rien n’indique que la mérule pleureuse soit pathogène, infectieuse ou toxique pour l’être humain. Les réactions possibles sont plutôt associées à la présence d’humidité excessive et aux autres organismes fongiques qui se développent dans les mêmes conditions.
Les moisissures en milieu intérieur, lorsqu’elles se développent de façon importante, peuvent libérer dans l’air ambiant des particules inhalables susceptibles d’entraîner des problèmes de santé. Les symptômes associés à une exposition aux moisissures varient d’une personne à l’autre selon le niveau d’exposition et l’état de santé général. Ils peuvent notamment se manifester par une irritation des yeux, une congestion des sinus, une respiration sifflante, de la toux, une augmentation de la fréquence des crises d’asthme ou des maux de tête. Ces symptômes peuvent s’aggraver, en particulier chez les personnes sensibles, comme celles souffrant d’allergies ou d’asthme, les femmes enceintes et les jeunes enfants, les personnes âgées ou celles dont le système immunitaire est affaibli.
Un simple examen visuel ne suffit pas pour détecter la mérule pleureuse. Une analyse en laboratoire est nécessaire pour confirmer la présence de ce champignon, et un diagnostic professionnel peut être requis afin d’évaluer l’étendue des dommages. Dans la grande majorité des cas, des travaux de décontamination peuvent être réalisés, bien qu’ils puissent entraîner des coûts importants. La démolition demeure une solution de dernier recours, utilisée uniquement lorsque la décontamination est impossible.
L’inspection visuelle est la méthode recommandée pour détecter la présence de moisissures dans une habitation. Lorsqu’elles sont visibles ou que des signes en suggèrent la présence, il n’est généralement pas nécessaire de faire analyser l’air ou les surfaces ; l’essentiel est plutôt d’identifier la cause de l’humidité excessive et de la corriger afin d’éliminer la prolifération à la source.
Pour plus de détails sur les méthodes d’intervention, consultez le guide de référence de Santé Canada : Document de conseils pour lutter contre l’humidité et les moisissures dans les espaces intérieurs.
Si vous avez des questions supplémentaires, n’hésitez pas à nous contacter!
SOURCES
CNESST. (s.d.). Moisissures. https://www.cnesst.gouv.qc.ca/fr/prevention-securite/identifier-corriger-risques/liste-informations-prevention/moisissures
Gouvernement du Québec. (30 novembre 2022). Problèmes de santé causés par les moisissures. https://www.quebec.ca/sante/problemes-de-sante/a-z/problemes-de-sante-causes-par-les-moisissures
Gouvernement du Québec. (30 novembre 2022). Reconnaître et éliminer les moisissures dans la maison. https://www.quebec.ca/habitation-territoire/milieu-de-vie-sain/reconnaitre-et-eliminer-les-moisissures-chez-soi
Institut national de santé publique du Québec. (s.d.). Les moisissures dans les bâtiments. https://www.inspq.qc.ca/outil-aide-interpretation-investigation-contamination-fongique/lignes-directrices-et-recommandations/les-moisissures-dans-les-batiments
Santé Canada. (Janvier 2023). Document de conseils pour lutter contre l’humidité et les moisissures dans les espaces intérieurs. https://www.canada.ca/fr/sante-canada/services/publications/vie-saine/prendre-charge-problemes-humidite-et-moisissure-votre-demeure.html#a7
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