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22 juin 2026 par Noémie Tremblay
CRÉDIT PHOTO : Théâtre À tour de rôle
Description de la photo : Les interprètes de la pièce Ta maison brûle - Une comédie un peu triste, Micheline Bernard, Anne Trudel, Ariane Côté Lavoie et Monique Spaziani.
La mérule pleureuse trouve des échos même au théâtre ! Ce champignon a inspiré la pièce Ta maison brûle, une comédie un peu triste, qui met en lumière les conséquences de la perte d’un foyer contaminé.
Ta maison brûle, une comédie un peu triste est une pièce de théâtre québécoise écrite par Simon Boulerice en 2019. L’auteur s’est inspiré d’un fait divers évoquant l’obligation pour une famille d’incendier sa maison en raison de la présence de mérule pleureuse qui s’attaquait au bois du bâtiment. À l’époque, soit au cours de la décennie précédente, le brûlage des bâtiments fortement contaminés était une solution plus couramment employée. Aujourd’hui, d’autres approches de décontamination ou de démolition sont utilisées.
La pièce met en scène des discussions familiales animées par quatre femmes, qui doivent dire adieu à la maison ancestrale. La demeure de Murielle a été contaminée par la mérule pleureuse et devra être brûlée, avec tout ce qu’elle contient. La veille de la mise à feu, la veuve de 61 ans convie ses deux filles à manger un dernier repas clandestin, accompagnée de sa belle-sœur Agnès. « Entre les effluves de la mijoteuse, les ustensiles échappés au sol, le fantôme du père de famille et la crème glacée qui fond sur la pantry, elles plongent dans un doux délire collectif en évoquant les moments passés dans cette demeure ancestrale condamnée. »
À la suite d’une inondation, la maison ancestrale de Murielle est envahie par la mérule pleureuse. La contamination est telle que la demeure est devenue inhabitable et doit être brûlée le lendemain. La maison de 156 ans partira donc en fumée, emportant avec elle tous les souvenirs qui sont eux aussi contaminés : photographies, livres, vêtements, papiers, meubles, etc.
Avant de quitter sa maison, Murielle invite ses deux filles à partager un dernier repas dans cette demeure qui a vu grandir plusieurs générations de la famille. Leur tante Agnès se joint finalement à elles de manière inattendue, transformant ce qui devait être un simple repas d’adieu en une soirée remplie d’échanges, de souvenirs et de moments aussi drôles qu’émouvants. Les quatre femmes tiennent malgré tout à vivre une dernière fois dans cet espace chargé d’histoire.
La pièce met en valeur quatre personnages aux personnalisés bien distinctes : Murielle, la mère profondément attachée à sa maison; Kim, la fille rationnelle et sarcastique; Fanny, plus rêveuse et sensible; et Agnès, la tante extravertie qui n’hésite pas à donner son opinion. Alternant entre humour et émotion, leurs répliques donnent naissance à des scènes profondément humaines. À travers leurs conversations, les quatre femmes revisitent les moments marquants de leur vie familiale. Elles revisitent les souvenirs heureux et difficiles, ainsi que les petites habitudes qui ont construit leur quotidien dans cette maison.
Inspirée d’une histoire vraie, la pièce explore les conséquences humaines de la perte d’une maison contaminée par la mérule pleureuse. Elle met en lumière la réalité des personnes touchées par ce champignon : au-delà des dommages matériels, les pertes sont immenses. Comme c’est mentionné dans la pièce, la mérule s’attaque à tout ce qui contient de la cellulose, ce qui signifie que lorsque la contamination est répandue, presque rien ne peut être récupéré. Cette perte représente un véritable deuil pour la famille, qui voit disparaître une partie de son histoire. Ta maison brûle aborde ainsi plusieurs thèmes : l’attachement à un lieu, le deuil, la transmission entre les générations et les difficultés liées à la perte d’un foyer. Assister à la perte d’une maison soulève des questionnements sur la reconstruction après une telle épreuve.
En mêlant humour, nostalgie et émotion, Simon Boulerice donne une voix à une réalité rarement représentée sur scène. Derrière les répliques amusantes et les situations parfois absurdes se cache une réflexion sensible sur ce que représente véritablement une maison. Car lorsqu’un bâtiment est détruit, ce ne sont pas seulement des murs qui disparaissent, mais aussi les souvenirs, les repères et les histoires qui y étaient rattachés.
Le public découvre les conséquences souvent méconnues de la mérule pleureuse et les défis vécus par les personnes qui y sont confrontées. Une œuvre touchante qui rappelle que derrière chaque maison contaminée se trouve une histoire humaine!
La pièce vous intéresse ? Vous pouvez vous procurer l’intégralité du texte en suivant ce lien.
La première représentation de la pièce a été présentée par le théâtre À tour de rôle. Elle mettait en vedette Micheline Bernard dans le rôle de Murielle, Anne Trudel et Ariane Côté Lavoie dans les rôles des deux filles, ainsi que Monique Spaziani dans celui d’Agnès. Depuis, l’œuvre a été reprise par différentes compagnies de théâtre et présentée dans plusieurs régions du Québec.
Vous pouvez visionner la pièce sur YouTube en suivant ce lien.
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